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Canadiens

McDavid est excellent, mais…

Crédits: Joe Sargent/Getty images
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Tout d’abord, soyons clair. Le but ici n’est pas de remettre en question le statut de joueur étoile de Connor McDavid. Match après match, sa vitesse nous fait écarquiller les yeux et sa rapidité d’exécution lui permet de larguer les défenseurs adverses avec une facilité déconcertante. Par contre, si l’on souhaite le comparer à Sidney Crosby, indiscutablement le meilleur joueur de sa génération, il convient de contextualiser les choses.  

Compagnons de trio  

À l’instar des Pingouins de Pittsburgh qui comptent sur deux excellents joueurs de centre en Evgeni Malkin et Sidney Crosby, les Oilers misent sur Leon Draisaitl et Connor McDavid. Toutefois, alors que Crosby et Malkin n’évoluent pratiquement jamais sur le même trio, McDavid et Draisaitl jouent ensemble plus souvent qu’autrement. Cette réalité saute aux yeux lorsque l’on analyse en détails les points obtenus.  

Lors des deux dernières saisons, McDavid a accumulé 213 points. De ce total, il en partage 121 avec Draisaitl. Autrement dit, 57% de ses points ont été obtenus conjointement avec l’allemand. Cette année, ce sont 33 des 64 points (52%) du phénomène canadien sur lesquels on retrouve également la marque de Draisaitl.  

Du côté de Crosby, c’est tout le contraire. En combinant ses trois meilleures saisons en termes de point par match, on remarque qu’il n’a partagé que 28% de ses points avec Malkin. Lors de sa campagne la plus productive (120 points), le ratio s’est élevé à 32%. Le pourcentage pour les 6 dernières saisons ? 19%.  L’année 2008-09 constitue, avec un total de 51%, la seule exception au portrait.  

Une énorme différence 

Je le répète, le but ici n’est pas de remettre en question le talent ni les prouesses de Connor McDavid. Cependant, force est d’admettre qu’il y a une différence fondamentale entre jouer constamment avec l’un des récipiendaires du trophée Hart et jouer avec…n’importe qui.  

Sidney Crosby a été unanimement considéré comme le meilleur joueur du circuit pendant une décennie. Pourtant, il a évolué avec une panoplie d’ailiers de second ordre. Mark Recchi à 37 ans, Ryan Malone, Bill Guerin à 38 ans, Pascal Dupuis, Conor Sheary, Dominik Simon, Bryan Rust. Jake Guentzel est bon, mais son échantillon de matchs sans Crosby est trop limité pour se faire une véritable idée.  

Le nom de Chris Kunitz ressortira inévitablement en raison de sa participation aux Jeux Olympiques, mais la réalité est moins flatteuse qu’on pourrait le croire. En 8 saisons complètes avec Pittsburgh, il n’a franchi la barre des 50 points qu’à 3 reprises. Sa présence sur Équipe Canada n’est attribuable qu’à sa complicité avec Crosby cette année-là.  

Parallèle historique 

Sans ouvrir un autre débat, prenons le cas de Mario Lemieux et Wayne Gretzky. Lors de la meilleure saison de Gretzky (215 points), le duo qu’il formait avec Jari Kurri était régulièrement complété par Glenn Anderson. Anderson et Kurri sont tous deux membres du Temple de la Renommée. Pour sa part, Lemieux a obtenu 199 points en évoluant principalement avec Rob Brown et Bob Errey. (Qui?) 

Évidemment, récolter 215 points c’est tout simplement absurde, même lorsque flanqué de deux membres du Temple de la Renommée. Par contre, obtenir 199 points en étant jumelé à deux joueurs qui n’ont jamais atteint la barre des 50 points sans jouer avec Lemieux, c’est certainement plus impressionnant.  

La suite pour McDavid

Les Oilers ne disposent pas d’une profondeur offensive suffisante pour regrouper leur deux meilleurs joueurs sur un même trio. Si l’équipe souhaite connaître du succès, il est primordial que McDavid ainsi que Draisaitl évoluent sur différents trios et rendent leurs coéquipiers meilleurs.

Ultimement, le capitaine des Oilers devra réussir là où Crosby a déjà réussi.

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