info@danslenclave.ca
Hockey MineurHockey QuébecHockey Scolaire

Relancer le hockey mineur en 2021 : Un souhait!

538Views

Outre le retour aux activités normales, qui permettrait aux jeunes de pratiquer un peu notre sport préféré, que pourrions-nous souhaiter pour le hockey mineur québécois en 2021 ?

Rendre le hockey populaire, accessible et amusant pour tous!

Pour se faire, plusieurs changements devront s’opérer. Le hockey est actuellement un des pires sports au Québec en terme d’horaires offerts à ses participants. À part au tout début de leur carrière, les joueurs et leur famille doivent effectuer toute une gymnastique afin d’arriver à participer aux activités régulières. Entraînements sur semaine sans journée fixe débutant à 16h30 (pour les plus jeunes) ou se terminant à 23h00 (pour les plus vieux). Parties officielles les weekends débutant entre 8h00 et 21h00, encore une fois sans journée fixe. Un nombre d’activités allant jusqu’à 3 ou 4 par semaine et parfois plus en période de tournois. Parlant de tournois, la norme est actuellement de trois par année par équipe, outre les frais exorbitants, le temps investi par les familles est démesuré par rapport à d’autres sports ou loisirs. Le hockey devient donc un choix peu intéressant, à part pour les jeunes étant nés dans une famille de hockeyeurs passionnés de père (mère) en fils (fille). Favoriser des horaires fixes et réduire le nombre d’activités en bas âge devient primordial.

La volonté de miser sur le développement au détriment du plaisir pose aussi un grave problème pour certains joueurs. De l’âge de 4 à 6 ans, il est désormais presqu’interdit d’être un gardien de but. Un jeune de 4 ans ayant Carey Price comme idole devra attendre plus de trois hivers complets avant de pouvoir évoluer régulièrement à sa position préférée. Tout ça, car nous avons décidé de développer au lieu d’amuser. Évidemment, les parents pourront décider de débourser plus et inscrire leur enfant dans des programmes privés qui permettront à leur joueur préféré d’imiter Carey Price, on est très loin de rendre le sport accessible de cette façon par contre. Laisser les enfants s’amuser et choisir leur position AVANT de les développer est essentiel.

Parlons maintenant de l’élite, sachez que si votre enfant se retrouve parmi le 20-25% des meilleurs de son âge, le temps que vous aurez à investir sera directement proportionnel au calibre de jeu. Le double lettre impliquera des déplacements plus nombreux, un nombre d’activités plus grand, énormément de temps à passer sur les routes du Québec et des coûts beaucoup plus élevés. Si par bonheur (ou malheur) votre enfant se situait dans le 5 à 10% des meilleurs, vous pouvez prendre pour acquis qu’à part le hockey, votre famille ne pourra s’affairer à autre chose durant la période hivernale.

Plusieurs feront donc le choix d’inscrire leurs enfants à des programmes de hockey scolaire, puisque la plupart des activités ont lieu de jour sur semaine, ce qui permet de libérer du temps aux familles. Il est impressionnant toutefois de constater le nombre de spectateurs présents à l’aréna lors d’un match un mardi matin ou un jeudi en après-midi. De plus, ce genre de programme a un coût élevé et est offert en majorité par des écoles privées. Encore une fois on constate l’inaccessibilité du hockey en général, selon la classe sociale familiale. Récemment, le comité de M. Stéphane Auger, mandaté par le RSEQ, est allé jusqu’à recommander une nouvelle structure (une de plus) qui impliquerait encore plus d’évènements, de matchs et de frais aux parents afin de mieux développer les joueurs de tous les réseaux. Tout ça supposément en plaçant le joueur au centre des priorités, on est très loin d’avoir saisi l’ampleur du problème.

Au cours des 10-12 dernières années une multitude de programmes de hockey ont vu le jour ; scolaires, écoles de hockey, ligues privées, hockey AAA de printemps, hockey-études, etc.. Pendant cette même période, le nombre de hockeyeurs au Québec a diminué de plus de 20%, bientôt 25%. Le rythme de ce déclin s’est accentué rapidement au cours des 5 dernières année, pourtant, jamais nous n’avons eu autant d’offres de services différentes pour les joueurs. On peut déjà prendre pour acquis que la Covid-19 et l’arrêt du hockey auront poussé des familles à choisir un autre sport pour leur enfant afin de les faire bouger. Reviendront-ils en 2021 ?

Les différentes structures de hockey (traditionnelles, scolaires, privées et autres) ne s’aperçoivent-elles pas qu’elles tentent de manger une pizza de grosseur moyenne (qui diminue chaque année) à 6,7 voire 8 personnes. Il est évident que peu réussiront à manger à leur faim et que des dommages collatéraux à long terme sur les inscriptions et l’accessibilité du sport seront provoqués. Au lieu de travailler ensemble sur un plan de relance et de promotion du hockey mineur, ces structures préfèrent se nuire entre elles en expliquant aux parents (clients payeurs) que leur programme est bien meilleur que celui du voisin. Depuis l’an dernier, une ligue de hockey scolaire M12 a même vu le jour, c’est donc dire que des joueurs quittent leur association dès l’âge de 11 ans, incroyable!

Le fait qu’il y ait actuellement autant de programmes scolaires prenant la charge complète de l’élève-athlète est entrain de détruire le berceau du joueur de hockey ; l’association de hockey mineur. C’est elle qui reçoit les joueurs débutants, qui a le mandat d’offrir du hockey au plus faible coût possible, qui est souvent subventionnée ou aidée par sa municipalité avec des heures de glace et des réfections d’arénas. Tout ça en fonction du nombre de joueurs inscrits dans son organisation. Qu’arrivera t-il lorsqu’une association d’une petite municipalité n’aura plus assez de joueurs pour justifier son existence ? C’est déjà le cas dans certaines petites municipalités au Québec. Que se passera t-il lorsque le conseil municipal de ce même secteur aura à prendre une décision sur l’avenir de son aréna ? Où évolueront les jeunes de 4 à 10 ans, avant de pouvoir pratiquer leur sport dans une école ? Bien sûr la mort d’une association de hockey mineur ouvrira la porte à un opportuniste privé qui inventera une structure de prise en charge du joueur en bas âge, mais qu’en sera t-il des coûts ? De l’aide des municipalités ? Le hockey deviendra encore moins accessible et le nombre de joueurs diminuera encore un peu plus. Ce sera l’effet pervers du cannibalisme sportif qui existe depuis un peu plus de 10 ans.

Mon souhait pour le hockey mineur est fort simple, réduire le nombre de programmes scolaires (privés ou autres) offrant la prise en charge complète du joueur de hockey. Comment faire ça ? Tout simplement en proposant que les écoles offrent du hockey de jour la semaine en entraînements spécialisés et qu’elles permettent aux joueurs d’évoluer dans les équipes de leurs associations de hockey mineur pour les matchs (sans entraînements), en soirée ou le weekend. Ces joueurs profiteraient alors de l’expertise et de l’encadrement professionnel offerts dans la plupart des écoles et pourraient continuer à jouer des matchs dans un aréna près de chez eux, devant leur famille et avec les amis de leur territoire. De toute façon, déjà plusieurs matchs de hockey scolaire ont lieu le weekend. Évidemment, cette proposition ne pourrait pas s’appliquer à l’élite (AAA soit 5-10% des meilleurs), car le développement serait moins efficace, mais lorsqu’on parle de D1, D2 ou de D3 ce serait idéal. Après négociation, peut-être que le D1 pourrait aussi être protégé. On peut déjà présumer que les ligues comme la LHPS, la LHIQ ou le RSEQ seraient peu enclines à accepter cette solution visant à sauver le membership, l’intérêt et l’accessibilité de notre sport national, mais les chiffres ne mentent pas, le hockey ne va vraiment pas bien.

J’entends déjà les critiques sur les pratiques collectives, sur les camps d’évaluation, sur le sentiment d’appartenance à un groupe précis, etc.. Tous ces points seraient gérables facilement si les différentes structures travaillaient ensemble au lieu des unes contre les autres. Un partenariat entre les écoles et les associations de hockey mineur doit être mis en place, avant qu’il ne soit trop tard. Hockey Québec devrait en faire sa priorité pour 2021. Tout le monde mangera à sa faim et mettra l’épaule à la roue collectivement POUR nos jeunes joueurs actuels, mais aussi futurs (ceux qu’on oublie).

Pour que le hockey redevienne le premier choix des familles pour leurs enfants, tous doivent accepter de mettre le sport et le joueur au centre des priorités, sinon, le hockey passera de 81 000 joueurs en 2020 à 60 000 dans 5 à 10 ans (à noter qu’il était de plus de 100 000 en 2015). Les associations de hockey mineur seront les premières à s’éteindre et seront suivies quelques années plus tard par des programmes de hockey scolaire, à ce moment il sera trop tard. Arrêtons pendant un instant de chercher des façons de placer plus de joueurs dans la LHJMQ, la NCAA et la LNH et concentrons-nous sur le véritable grand défi ; attirer de nouveaux joueurs vers du hockey mineur accessible et amusant, un point c’est tout!

Bonne et excellente année 2021!

Un commentaire

  • Excellent article, c’est un point de vue que je partage à 100% après avoir été actif auprès de l’AHMC pendant près de 10 ans.

Laisser un commentaire

Ce site utilise Akismet pour réduire les indésirables. En savoir plus sur comment les données de vos commentaires sont utilisées.